Carrello
Au deuxième livre de La Table d’or, Maïer écrivait: «Les problèmes et énigmes échangés entre Salomon et Hiram, roi de Tyr, furent sans aucun doute empruntés aux trésors très occultes de la nature, c’est-à-dire aux choses très précieuses cachées dans la nature, qu’il n’est pas utile de divulguer. Aucune des énigmes de ce genre, telles que Salomon et Hiram en proposèrent ou résolurent entre eux, ne fut connue de la foule, et donc ne put être mise par écrit comme on le fit avec l’énigme de Samson».
Dans La Semaine philosophique, Maïer se décide à les divulguer. Il imagine une discussion qui s’étend sur six jours, entre Salomon, Hiram et la célèbre reine de Saba. Les protagonistes proposent et résolvent entre eux un total de 319 énigmes, réparties en six livres, chacun se rapportant à une des six étapes de la création mosaïque: le ciel et les éléments; les météores et les mixtes imparfaits; les fossiles de la terre; les végétaux; les animaux; l’homme.
De même qu’ un siècle plus tôt, l’auteur des Dix Archidoxes se gardait de parler du dixième archidoxe, Maïer passe sous silence le septième jour, consacré au «monde intellectuel» et aux «choses supra-célestes».
Le grec αἴνιγμα, «énigme», signifie plus exactement «allusion». La profanation à laquelle se livre l’auteur n’est donc qu’apparente: comme tous les cabalistes et alchimistes, Salomon et ses interlocuteurs se bornent à dire «à quoi la chose ressemble».